encore aujourd'hui, je l'ai vu. ce sdf qui fait la manche en béquiles une ou deux fois par mois devant le supermarché en bas de chez moi. La dernière fois, il y a un peu moins d'un mois, il neigeait. il faisait froid. tout ce que j'ais pu faire pour lui, c'est quelques tranches de jambon et une bouteille de thé chaud. Ca lui a fait plaisir, il me l'a dit, mais il est toujours là. il m'a dit aussi qu'il vivait "par là", qu'il avait un logis, donc je pense qu'il squatte aux tanneries. il ne parle pas très bien français, mais il n'est pas méchant. il demande de l'argent, mais il n'achete que de la nourriture. il est discret, mais c'est qu'il est tellement seul...
combien sont-ils comme lui, dehors ou dans des taudis, qu'il neige ou que se soit la canicule? combien dans notre "beau pays"? sans doute pas si nombreux dirait Montesquieu, sinon les bons princes s'occuperaient d'eux! et pourtant, rien qu'hier, en descendant le boulevard mansart, j'en ais vu 3. Dont une qui mendiait déjà mardi devant la boulangerie.Et que nous disent les gens? "la mendicité est interdite!" "ne vous en faîtes pas, il ne sont pas tous méchants, mais ce sont des malades!" ou pire que tout: "notre république aidera ceux qui veulent s'aider!" autrement dit, s'ils sont là c'est qu'ils le veulent. Mais c'est quoi ce pays???
pour moi une démocratie qui laisse autant de gens au bord du chemin c'est, comme dirait Malcom X, une "hypocrisie".
Quel pays peut-être fier d'abriter, ou plutôt de ne pas abriter, comme le dit l'Insee dans un comptage effectué une nuit de janvier 2004, 86 000 SDF en France, soit 0.13% de la population? La population de l'Ocenaie vaut 0.51% de la population mondiale. A l'échelle mondiale, c'est mettre presque la moitié de l'Oceanie à la rue. Donc, vous l'aurez compris, c'est énorme. Et pourtant, on ne les voit pas, ou plutôt on ne veux pas les voir.
Mais on se dit :"qu'est ce que je peux faire? je ne suis pas assez fort(e) pour l'aider vraiment??
Mais l'Abbé Pierre était-il vraiment différent? vous croyez vraiment qu'il ne s'est jamais posé ce genre de question? et pourtant il a tenu. Et pourquoi? parce que ce n'est pas nous qui sommes en cause, c'est eux. Et avec eux, c'est le fonctionnement de nos sociétés. Ce n'est pas leur dignité qui est en cause, c'est la notre. Je ne serais fière d'etre française que lorques les centres d'accueil seront mieux gérés, mieux réglementés et mieux adaptés. Et lorsqu'un vrai programme de réinsertion existera. Ne me dîtes pas qu'on a pas les moyens, on les a bien pour délocaliser. Et après tout c'est une énorme main d'oeuvre si vous y tenez. Seulement voila, ce sont aussi des hommes. N'oublions jamais ca. Ce sont des hommes.
Et nous?